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Conférence de presse du Gouvernement: le budget de l'Etat, exercice 2020 à l'ordre du jour


Actualités

Le Ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Monsieur Lassané KABORE a fait un exposé détaillé du budget de l’État, exercice 2020. Les axes prioritaires se déclinent autour du renforcement de la sécurité et de la cohésion sociale, de la promotion de la bonne gouvernance, du développement du capital humain et de la dynamisation des secteurs porteurs pour l'économie et les emplois.



Mesdames et Messieurs les journalistes et collaborateurs des différents organes de presse,

Je voudrais me réjouir et vous remercier de votre participation massive à cette conférence de presse du Gouvernement qui nous donne l’occasion d’échanger sur le budget de l’État, exercice 2020.

En guise d’introduction aux échanges, j’aimerais porter à votre attention les priorités, les grandes masses, les mesures d’optimisation des recettes fiscales et les résultats attendus de la loi de finances pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2020, qui a été adoptée le 5 décembre 2019 par l’Assemblée nationale.

1. DES PRIORITÉS DU BUDGET DE L’ÉTAT, EXERCICE 2020

Le budget de l’État, exercice 2020, a été élaboré conformément aux orientations du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuel (DPBEP) couvrant la période 2020-2022 et qui visent la consolidation des acquis des exercices antérieurs, à travers la finalisation de la mise en œuvre des grands chantiers du Programme présidentiel et du Plan national de développement économique et social (PNDES).

Le budget de l’État, exercice 2020, tient également compte de l’engagement de notre pays à respecter des normes précises en matière de gestion budgétaire, pour une plus grande efficacité et viabilité de nos finances publiques. Il s’agit principalement, du strict respect du niveau de déficit global du budget rapporté au PIB de 3% maximum, de l’amélioration du ratio masse salariale sur recettes fiscales et du respect du ratio de l’encours de la dette sur le PIB fixé à 70% maximum.

Tenant compte de ces éléments de cadrage, les axes prioritaires du budget 2020 reposent sur les axes stratégiques du PNDES et les défis de la conjoncture économique et sociale.

Ils se déclinent autour du renforcement de la sécurité et de la cohésion sociale, de la promotion de la bonne gouvernance, du développement du capital humain et de la dynamisation des secteurs porteurs pour l'économie et les emplois.

En ce qui concerne le renforcement de la sécurité et de la cohésion sociale, le Gouvernement s’attèlera à apporter des réponses fortes et diligentes aux attaques terroristes et au problème de l’insécurité dont le pays fait l’objet pour préserver la paix, la sérénité et la quiétude.

Pour ce faire, des ressources importantes sont nécessaires à l’amélioration de l’action des forces de défense du territoire et de sécurité intérieure, ainsi qu’à la consolidation du tissu social menacé de dégradation du fait de la situation sécuritaire nationale.

Pour la promotion de la bonne gouvernance, l’action du Gouvernement portera sur : (i) la consolidation de la démocratie, à travers l’organisation des élections présidentielles et législatives, avec, pour la première fois, la participation des Burkinabè de l’extérieur aux élections présidentielles, (ii) la poursuite de l’opérationnalisation de la Caisse des dépôts et consignations et de la Banque agricole du Faso, ainsi que du processus de modernisation de l’administration financière afin d’accroitre les performances des structures de mobilisation des recettes et d’exécution des dépenses, (iii) le renforcement des capacités des corps de contrôle en matière de lutte contre la corruption, la fraude et le faux, ainsi que la dynamisation des inspections techniques et des conseils de discipline, (iv) le renforcement du fonds d’assistance judiciaire au bénéfice des personnes vulnérables, en vue de faciliter l’accès de tous les Burkinabè à la justice, (v) le renforcement de la sensibilisation dans le cadre de la lutte contre l’incivisme et l’accompagnement du processus de ré-institution de la formation civique et patriotique dans les différents ordres d’enseignement, y compris le Service national pour le développement (SND), (vi) la réduction du train de vie de l’État par l’instauration de bonnes pratiques dans la gestion du patrimoine de l’Etat, (vii) la dynamisation des économies locales et la réduction des disparités régionales, à travers l’aménagement efficace du territoire et le transfert effectif des compétences et des ressources conséquentes aux collectivités territoriales.

S’agissant du développement du capital humain, les actions entreprises dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de l’eau potable et l’assainissement, de l’insertion de la jeunesse et des femmes dans l’activité économique, seront intensifiées pour tirer profit de ce potentiel et faire du dividende démographique une réalité.

Pour ce qui est de la dynamisation des secteurs porteurs pour l’économie et les emplois, les interventions publiques se concentreront dans les secteurs à fortes potentialités par le développement des secteurs de soutien à la production, le développement des secteurs de production et l’inversion de la tendance à la dégradation de l'environnement.

2. DES GRANDES MASSES DU BUDGET DE L’ETAT, EXERCICE 2020

Le budget de l’État, exercice 2020, s’établit à 2 233,316 milliards de francs CFA en recettes et à 2 518,456 milliards de francs CFA en dépenses.

Les recettes propres se chiffrent à 1 894 milliards de francs CFA contre 1 697 milliards de francs CFA en 2019, soit un accroissement de 197 milliards de francs CFA ou de 11,65%. Elles sont constituées essentiellement de recettes fiscales qui représentent 87,30% du total en 2020. Les recettes propres représentent 84,84% des recettes totales du budget de l’État contre 86,82% en 2019.

Quant aux ressources extérieures, elles se chiffrent en 2020 à 338,536 milliards de francs CFA contre 257,564 milliards de francs CFA en 2019, soit une hausse de 80,972 milliards de francs CFA ou de 31,44%.

Les dépenses du budget de l’État se chiffrent à 2 518, 45 milliards de francs CFA en 2020 contre
2 213,29 milliards de francs CFA pour 2019. Elles sont constituées de dépenses courantes pour un montant de 1 642,29 milliards de francs CFA et de dépenses en capital pour 876,16 milliards de francs CFA correspondant à des parts relatives respectives de 65,21% et 34,79%, contre 71,39% et 28,61% en 2019.

La prédominance des dépenses courantes dans le budget 2020 s’explique essentiellement par l’évolution des dépenses de personnel qui sont passées de 700 milliards de francs CFA en 2018 à 835 milliards de francs CFA en 2019 et à 878 milliards de francs en 2020. Leur part relative par rapport aux dépenses totales est de 34,86% en 2020 contre 37,76% en 2019. Elles absorbent 46,33% des ressources propres du budget de l’État et 53,08% des recettes fiscales contre 53,31% en 2019.

Les dépenses d’investissements se chiffrent à 866,16 milliards de francs CFA en 2020 contre 628,06 milliards de francs CFA en 2019, soit une hausse de 238,10 milliards de francs CFA. Les investissements financés sur ressources propres se chiffrent à 479,65 milliards de francs CFA contre 333,07 milliards de francs CFA en 2019, soit une hausse de 146,58 milliards de francs CFA.

Le budget du secteur de la santé s’élève à 234,502 milliards de francs CFA contre 211,568 milliards de francs CFA en 2019. Celui du secteur de l’éducation se situe à 461,46 milliards de francs CFA contre 417,51 milliards de francs CFA en 2019. Pour le secteur de la défense et de la sécurité, le budget monte à 344,203 milliards de francs CFA contre 323,644 milliards de francs CFA en 2019. Pour le secteur rural, 115,760 milliards de francs CFA ont été alloués contre 87,534 milliards de francs CFA en 2019.

3. DES MESURES D’OPTIMISATION DES RECETTES FISCALES

Afin d’améliorer la mobilisation des ressources propres et le rendement de l’impôt, les réformes en cours au niveau des régies de recettes seront poursuivies avec :

  1. La poursuite de l’apurement des Restes à recouvrer (RAR) par l’organisation des campagnes de recouvrement intensif par l’ensemble des Unités de recouvrement,
  2. la mise en œuvre des opérations de contrôles-sanctions sur l’utilisation de la facture normalisée,
  3. l’intensification des activités d’enquêtes et de recoupements d’informations en vue d’améliorer le contrôle fiscal par les vérifications ponctuelles,
  4. le contrôle par SYDONIA de la valeur de 50 produits sensibles à la fraude et le suivi de l’importation de ces produits par l’équipe de contrôle de la valeur,
  5. la poursuite des scannages aux bureaux des douanes de Ouaga-Route et de Bobo-Gare,
  6. l’interfaçage entre SYLVIE et SYDONIA pour permettre aux vérificateurs d’avoir accès aux documents du commerce extérieur produits par SYLVIE et lutter contre la falsification de documents servant de base de dédouanement,
  7. le renforcement de l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers du Burkina Faso avec ceux de la Cote d’ivoire, du Niger et du Togo, ainsi que son extension avec le Bénin et le Ghana,
  8. la poursuite de l’ouverture de SYDONIA WORLD sur internet pour permettre aux commissionnaires en douane agréés de saisir et déposer leurs déclarations partout où il y a une connexion internet et à n’importe quel moment,
  9. le paiement des droits et taxes de douane par un procédé électronique (paiement par les réseaux de la téléphonie mobile, paiement à distance par virement bancaire, paiement par carte bancaire),
  10. l’implémentation d’un module de gestion des exonérations, afin de réduire le temps de traitement des exonérations douanières et mieux contrôler les quantités et les destinations finales des marchandises exonérées,
  11. la lutte contre la fraude douanière dans toutes ses formes (contrebande, importation sans déclaration, fausses déclarations et inexécution des engagements souscrits) par le renforcement des compétences des vérificateurs et des agents pour une meilleure évaluation des marchandises,
  12. l’augmentation du taux de la taxe sur les tabacs, cigares, cigarettes et cigarillos,
  13. l’élargissement du champ des personnes redevables de la retenue à la source sur les sommes versées aux prestataires non-résidents et de la retenue à la source sur les sommes versées aux prestataires résidents,
  14. les prélèvements à la source sur les importations et les ventes de biens.

Ces réformes s’accompagnent d’importants avantages fiscaux accordés aux citoyens par le budget 2020, à travers :

  1. le rehaussement des seuils d’exonération de l’IUTS sur les indemnités qui passent de 50 000 à 75 000 FCFA pour l’indemnité de logement, de 30 000 à 50 000 FCFA pour l’indemnité de fonction et de 20 000 à 30 000 FCFA pour l’indemnité de transport,
  2. l’instauration d’un forfait au titre des droits de mutation afin de faciliter les transactions portant sur les immeubles bâtis et non bâtis,
  3. et l’institution d’un minimum forfaitaire de perception au profit des gérants de station-service et des entreprises exerçant à titre exclusif l’activité de distributeur agréé de recharge téléphonique prépayée.

4. DES RÉSULTATS ATTENDUS DE L’EXÉCUTION DU BUDGET DE L’ÉTAT, EXERCICE 2020

Les principaux résultats attendus de l’exécution du budget de l’Etat, exercice 2020, se déclinent comme ci-après, selon les différents secteurs d’intervention.

Au niveau de l’eau potable

  • 1 078 forages équipés de pompes à motricité humaine sont réalisés.
  • 45 réseaux d'Adduction d'eau potable simplifié (AEPS) sont réalisés.
  • 946 forages sont réhabilités.
  • 33 226 branchements particuliers sont réalisés.

Au niveau de l’assainissement, des eaux usées et excrétas

  • 55 300 latrines familiales sont réalisées et réhabilitées.
  • 1 038 latrines institutionnelles et lieux publics sont réalisés et réhabilités.
  • 25 kilomètres de réseaux d’assainissement sont construits.

Au niveau des aménagements hydrauliques

  • Les études techniques détaillées de construction des barrages hydroélectriques et hydro-agricoles de Ouessa, de Bassiéri et de la Bougouriba sont achevées.
  • 19 études de réalisation/réhabilitation de petits barrages sont réalisées.
  • 12 nouveaux barrages sont construits.
  • 21 barrages sinistrés sont réhabilités.
  • Les études techniques de faisabilité et d'exécution du projet d'aménagement du fleuve Mouhoun sont réalisées.

Au niveau de la formation professionnelle et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes

  • 11 395 jeunes sont formés en entrepreneuriat.
  • 5 556 jeunes sont formés aux métiers.
  • 2 centres provinciaux de formation professionnelle sont construits.
  • 2 700 projets de jeunes sont financés.
  • 365 jeunes volontaires sont recrutés et placés.

Au niveau de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation

  • 3 amphithéâtres dont 1 de 750 places, 1 de 1 500 places et 1 de 1 000 places à l’université Ouaga 2 ont fini d’être construits.
  • Le siège de l’Université virtuelle (UV-BF) et de 3 Espaces numériques ouverts (ENO) sont construits.
  • Le bâtiment pédagogique en R+2 à l’Université Nazi Boni est achevé.
  • Les gros œuvres des 2 bâtiments pédagogiques en R+2 pour l’Ecole préparatoire de Ouagadougou et le Centre universitaire de Gaoua sont construits.
  • Les restaurants de 600 places, du Centre médical et de la cité de 1 500 lits à l’Université Ouaga 2 sont construits.
  • 2 300 nouvelles bourses, 53 477 aides et 11 223 prêts aux étudiants sont octroyés.
  • Les travaux de construction de la cité de 1 500 lits à l’Université Norbert Zongo ont démarré.
  • 6 000 bourses au profit des étudiants sont renouvelées.
  • 9 945 803 plats aux étudiants au titre de la restauration sont servis.
  • 6 000 étudiants demandeurs d’hébergement sont hébergés.

Au niveau de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales

  • 70 écoles de 3 salles de classes sont construites.
  • 15 CEG de 4 salles de classes sont construits.
  • 10 Centres permanents d’alphabétisation et de formation (CPAF) sont construits.
  • 5 circonscriptions de l'éducation de base sont construites.

Au niveau de la santé

  • 5 CSPS, 1 CHR et 5 CMA sont construits et équipés.
  • 1 centre de soins spécialisé en neurochirurgie est construit et équipé.
  • 1 centre de cancérologie est construit et équipé.
  • 4 CHR-U (Dédougou, Gaoua, Fada N’Gourma et Manga) sont construits et équipés.
  • 2 CHU à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou sont construits et équipés.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Mesdames et Messieurs,

Le budget de l’État est l’instrument de tous : citoyens, entreprises publiques et privées, société civile… !

C’est pourquoi nous sollicitons votre accompagnement pour donner toute l’information budgétaire et l’information juste afin de permettre à chaque acteur de jouer convenablement sa partition.

Aux citoyens, il convient de dire que les droits aux services sociaux et infrastructures de qualité ne doivent pas occulter les devoirs de civisme fiscal pour donner à l’État les moyens nécessaires pour mettre en œuvre sa politique économique et sociale.

Aux entreprises publiques et privées ainsi qu’aux différents prestataires, il est attendu plus de professionnalisme dans l’exécution des marchés publics et également plus de civisme fiscal pour permettre à l’Etat de s’acquitter de ses devoirs en termes de règlement diligent des factures.

Tel est l'exposé introductif que j’ai voulu vous présenter avant vos questions éventuelles.

Je vous remercie.


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