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Dans le but de rendre le budget de l’Etat, exercice 2019, accessible à tous, Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a échangé avec le Club des Hommes d’affaires franco-burkinabè (CHAFB) présidé par Arnaud BOUHIER, à l’Hôtel Silmandé de Ouagadougou, le vendredi 08 février 2019. C’était autour d’un dîner offert par ledit club au cours duquel les échanges ont porté sur le budget de l’Etat, exercice 2019, et la problématique de la dette intérieure du Burkina Faso. A cette occasion, l’équipe technique représentant le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, et composé du Directeur général du budget, Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, du Direction général des impôts, Adama BADOLO, du Direction général des douanes, Adama SAWADOGO et du Directeur de la dette publique, Boukary ZOANGA, a éclairé les Hommes d’affaires franco-burkinabè sur la composition du budget 2019, la dette publique du pays et sur la fiscalité.

                                      

A l’entame des échanges, le Directeur général du budget et le Directeur de la dette publique ont, dans une communication introductive, renseigné les participants sur les composantes du budget 2019 et la situation de la dette au 31 décembre 2018. Selon le Directeur général du budget, Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, le budget de l’Etat, exercice 2019, s’établit à 1 954, 564 milliards de F CFA en recettes et 2 213, 318 milliards de F CFA en dépenses, avec une attention particulière accordée aux secteurs de la défense et de la sécurité, aux secteurs de l’éducation et de la santé, mais aussi à la prise en charge des engagements avec les partenaires sociaux. Les recettes propres, elles, se chiffrent à 1 697 milliards de F CFA avec une hausse de 13,08% par rapport à 2018. Ces recettes représentent 86,82% des recettes totales du budget de l’Etat contre 83,72% en 2018, traduisant ainsi les efforts déployés par les régies de recettes pour optimiser leur mobilisation.

 Les dépenses d’investissement se chiffrent globalement à 628, 06 milliards de F CFA, dont 333,07 milliards de F CFA comme financement de l’Etat. «Les dépenses du budget de l’Etat sont constituées à 71,31% des dépenses courantes et de 28,61% en capital alors qu’en 2018 elles étaient respectivement de 55,05% et 44,95%», a indiqué M. SOULAMA qui note que les proportions sont inversées en faveur des dépenses courantes au détriment des dépenses en capitales qui devraient être assez représentatives.

En ce qui concerne la dette intérieure, le Directeur de la dette publique, Boukary ZOANGA, a laissé entendre qu’au 31 décembre 2017, l’Etat burkinabè avait un encours total de 1 024 milliards de F CFA et au 31 décembre 2018, l’encours provisoire s’établissait à 1 405, 61 milliards de F CFA. Cette dette intérieure est constituée des engagements financiers pris pour paiement par l’Etat vis-à-vis de tierces personnes. Elle comprend, entre autres, la dette contractuelle ou régulière (ensemble des dettes matérialisées par un support légal), la dette garantie par l’Etat (ensemble des dettes garanties par l’administration centrale ou une structure publique), la dette non contractuelle ou flottante, irrégulière regroupant l’ensemble des instances de paiement qui sont dans le circuit de la dépense publique et les autres engagements que l’Etat est amené à honorer par le biais du Trésor.

 Selon Boukary ZOANGA, l’Etat burkinabè n’enregistre aucun arriéré de paiement concernant la dette contractuelle. Quant à la dette non contractuelle, a-t-il fait remarqué, la situation présentée porte sur les instances des dossiers validés se trouvant au stade de paiement dans le circuit de la dépense publique. Un volet non moins important qui n’apparait pas dans la situation concerne les dettes qui ne se trouvent pas dans le circuit de la dépense.

De l’avis du Directeur de la dette publique, c’est ce volet qui constitue la problématique de la dette intérieure. N’étant pas formelle, il est difficile de l’estimer. «La problématique de la dette intérieure consiste à trouver un mécanisme devant permettre de mener un recensement exhaustif, trouver un schéma pour l’apurement de la dette non formelle et, enfin, mettre en place des mesures de prévention de son accumulation au niveau des départements ministériels et institutions. Ce défi est dotant plus important si on se réfère au contexte de leur survenance », a-t-il déclaré.

                                           

Au terme de la communication introductive, les participants ont posé des questions relatives, entre autres, à la manière dont l’Etat burkinabè implique le secteur privé dans le secteur de l’investissement, les mesures fiscales de 2019, les facilités dans le système douanier burkinabè avec les interconnexions avec les pays voisins, le débat en cours sur le F CFA, les éventuelles conséquences sur le budget en cas de changement de monnaie et la stratégie adoptée en terme de gestion des risques de change. Une autre question a été de savoir si la masse salariale concernait seulement la rémunération des agents permanents de l’Etat. A ces questions, l’équipe technique du département de l’Economie, des Finances et du Développement a apporté des éléments de réponses.

 Selon le Directeur général du budget, Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, le secteur privé intervient déjà dans les chantiers en matière d’investissement et il peut être mis à contribution dans le financement du déficit budgétaire et dans le partenariat-public-privé (PPP). Sur la question de la masse salariale, il a fait savoir que dans les nouveaux textes de l’UEMOA, elle concerne uniquement les salaires. Il n’y a pas d’autres éléments en plus des salaires.

S’agissant de la fiscalité en 2019, le Directeur général des impôts, Adama BADOLO a rassuré les opérateurs privés qu’il n’y aura pas de nouveaux impôts pour les entreprises. Pour le président du Clubs des Hommes d’affaires franco-burkinabè, Arnaud BOUHIER, cela est un bon signe en faveur du secteur privé. A entendre Arnaud BOUHIER, le CHAFP compte 112 entreprises et le gouvernement pourrait compter sur elles. «Nous sommes à l’écoute et sommes aussi des supports pour le gouvernement afin de parvenir à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés», a-t-il déclaré. En perspectives, le CHAFP entend poursuivre les séances de partage d’expériences avec l’ensemble du gouvernement.

 Répondant à la question sur le débat en cours sur le franc CFA, le Directeur de la dette publique a fait comprendre qu’il n’y a pas d’inquiétudes à se faire concernant le budget 2019, en cas d’un éventuel changement. «On a une combinaison de devises qui protègent le pays en cas de variation importante de taux de change de l’une des devises», a-t-il dit. Pour Vieux Abdoul Rachid SOULAMA le Burkina Faso appartient à un espace communautaire où la monnaie est gérée par une banque centrale, en termes de stratégie, elle sera plutôt globale au niveau communautaire. Interpellé sur le réseau d’interconnexion douanier avec les pays voisins, le Directeur général des douanes, Adama SAWADOGO a expliqué aux Hommes d’affaires franco-burkinabè que l’interconnexion avec le Togo est effective et concerne les produits pétroliers. Pour la Côte d’Ivoire également, les premiers tests de l’interconnexion commenceront le lundi prochain. Quant au Ghana, il a souhaité qu’un bureau avancé des douanes burkinabè puisse être installé au port de Téma.