×

Avertissement

Échec de la suppression de 26041080e036b4d62eb8260517426328.png

Échec de la suppression de bd4234043e9db62ca0da88e35b686340.js

 

Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, à travers la Direction générale du budget, les régies de recettes (la Direction générale des impôts, la Direction générale des douanes et la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique), la Direction générale de la coopération et la Direction générale de l'économie et de planification, a tenu une conférence publique sur le budget de l’Etat, exercice 2019, le 23 janvier 2019 à Ouagadougou. Il s’est agi de donner des informations aux citoyens burkinabè sur le budget de l’Etat, exercice 2019, en vue de leur permettre de comprendre davantage la loi de finances. Présidée par le secrétaire général dudit ministère, Dr Seglaro Abel SOME, cette conférence a permis, entre autres, de présenter la situation économique nationale ces cinq dernières années, les grandes lignes du budget de l’Etat, exercice 2019 et ses caractéristiques, la situation de mobilisation des ressources intérieures et la mobilisation des ressources extérieures, la dette publique de l’Etat. 

                                    

Selon Dr Seglaro Abel SOME, l’exercice est conforme au principe de transparence dans la gestion des finances publiques consacré par la loi N°08/2013/AN du 23 avril 2013. Ainsi, au cours de la conférence, le Directeur général du budget, le Directeur général de la coopération, le Directeur de la dette publique et les Directeurs généraux des régies de recettes ont, dans une communication introductive, éclairer les participants sur le budget de l’Etat.

Selon le Directeur général du budget, Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, l’activité économique nationale, de 2014 à 2018, a connu une bonne orientation, en dépit d’une conjoncture extérieure difficile et des chocs exogènes. Le taux de croissance du PIB, en termes réels, a régulièrement progressé de 5,4%, variant entre 3,9 et 6,6%. Cette croissance a principalement été soutenue par l’industrie extractive avec l’exploitation aurifère.

A l’entendre, le projet du budget de l’Etat, exercice 2019 a été préparé dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires relatives, d’une part, à la nécessité de respecter, au plan communautaire, les engagements du Burkina Faso en matière de préparation du budget et, d’autre part, à la forte incidence des dépenses de fonctionnement et de sécurité.

En chiffre, le budget de l’Etat, exercice 2019, selon le Directeur général du Budget, s’établit à 1 954, 564 milliards de F CFA en recettes et 2 213, 318 milliards de F CFA en dépenses. Quant aux recettes propres, elles se chiffrent à 1 697 milliards de F CFA contre 1 503,652 milliards de F CFA en 2018, soit un accroissement de 196,717 milliards de F CFA en valeur nominale et 13,08% en valeur relative. Ces recettes représentent 86,82% des recettes totales du budget de l’Etat contre 83,72% en 2018, 80,66% en 2017 et 66,15% en 2016 traduisant ainsi les efforts du gouvernement à couvrir de plus de plus les charges du budget de l’Etat par des ressources propres.

Les dépenses courantes, elles, se chiffrent à 1 580,175 milliards de F CFA, tandis que les dépenses en capital s’élèvent à 633, 114 milliards de F CFA. La prédominance des dépenses courantes dans le budget 2019 s’explique, selon Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, par l’évolution des dépenses en personnel qui sont passées de 334,36 milliards de F CFA en 2013 à 700 milliards de F CFA en 2018, puis à 835 milliards de F CFA en 2019. «Selon le SIGASPE, le logiciel à travers lequel on gère les dépenses en personnel, les effectifs sont passés de 107 804 agents publics en début 2012 à 188 274 agents en fin 2018, soit un accroissement sur la période de 80 470 agents», a-t-il fait savoir avant d’ajouter que les charges de personnel représentent 52,9% des dépenses courantes et 37,77% des dépenses totales du budget de l’Etat, soit plus du tiers (1/3) du budget total. Rapportée aux recettes fiscales, les dépenses en personnel 2019 représentent 55, 32% des recettes fiscales avec moins de 20 points au-dessus de la norme communautaire de 35% maximum. Il est prévu environ 101 milliards de F CFA pour la prise en charge des engagements avec les partenaires sociaux. Une attention particulière a été accordée aux secteurs de la défense et de la sécurité et également aux secteurs de l’éducation et de la santé.

La situation de mobilisation des ressources propres sur la période 2016-2018 montre des recouvrements de 1 231, 990 milliards en 2016, soit un taux de réalisation de 95,74% des prévisions; 1 397, 700 milliards de F CFA en 2017, soit un taux de réalisation de 96, 74%, et 1 567, 090 milliards de F CFA en 2018, soit un taux de réalisation de 104,21%. La mobilisation de ces ressources ne s’est pas faite sans difficultés. Au titre des difficultés, le Directeur général du budget a cité, entre autres, la persistance et la généralisation de la fraude, la généralisation de l’insécurité, l’incivisme sur toutes ses formes, les mouvements d'humeur dans certains départements ministériels, la structure de l’économie marquée par la prédominance du secteur informel, la faible implication des premiers responsables des départements ministériels dans la mobilisation des recettes de service.

                                       

S’agissant de la mobilisation des ressources extérieures, selon le Directeur général de la coopération, Ambroise KAFANDO, la situation des décaissements effectifs de l’aide extérieure a été marquée par une reprise en 2017 après une contraction en 2014 suivie d’une stagnation en 2015. La répartition, selon la source de financement, indique 648,95 millions de dollars US d’aide multilatérale, 424,86 millions de dollars US d’aide bilatérale et 65,84 millions de dollars US pour la contribution des ONG. De la situation des financements en PPP, selon le Directeur général de la coopération, trois contrats PPP d’environ 206 milliards de F CFA ont été signés de 2016 à 2018 dans les secteurs du transport, de la sécurité, des infrastructures et la finalisation en cours, de contrats dans le secteur de l’énergie. Il s’agit du PPP à paiement public pour la modernisation et sécurisation des titres de transports et ré-immatriculation des véhicules, du PPP à paiement par les usagers pour la construction d’un système d’émission des passeports à puce électronique et d’archivage électronique des dossiers sous forme BOT (build opered and transfert), et du PPP sous forme de préfinancement pour la construction et le bitumage du boulevard périphérique de la ville de Ouagadougou en mode BT. Pour Ambroise KAFANDO, les difficultés liées à la mobilisation des ressources extérieures concernent, entre autres, la faiblesse de la capacité d’absorption (55%), la volatilité de l’aide, le non alignement sur les systèmes nationaux. Concernant le cas spécifique des PPP, les difficultés sont relatives à la méconnaissance des fondamentaux des PPP par les acteurs, l’inadéquation des financements proposés par le secteur privé avec les réalités financières du pays et les engagements internationaux, la préférence du secteur privé pour les projets de construction clef en main qui n’intègre pas le volet exploitation, etc.

Quant au Directeur de la dette publique, Boukary ZOANGA, il a laissé entendre que la dette contractuelle du Burkina Faso s’élève à environ 3 270, 97 milliards de F CFA au 31 décembre 2018. Cette dette est composée d’environ 60% pour la dette extérieure et 40% pour la dette intérieure. Comparativement à 2017, a expliqué M. ZOANGA, l’encours de la dette enregistre un accroissement d’environ 18%. Le taux d’endettement est à 38, 58% en 2017 pour un seuil au niveau de l’UEMOA de 70% maximum. Les prévisions pour faire face à ces dettes en 2019 sont de l’ordre de 115 milliards de F CFA, dont 24 milliards de F CFA pour la dette extérieure et 90 milliards de F CFA pour résorber la dette intérieure. «Au titre de la dette extérieure contractuelle, il n’existe aucun arriéré de paiement. Cela veut dire que le gouvernement fait des efforts et ses efforts seront maintenus pour assurer le paiement régulier», a déclaré le Directeur de la dette publique du Burkina Faso.