Le syndicat national des travailleurs des douanes (SYNATRAD) a animé une conférence de presse, le vendredi 04 mai 2018, dans l’enceinte du bureau des douanes de Ouaga-route, sis à Ouaga Inter. Il s’est agi, selon le secrétaire général du SYNATRAD, Mathias KADIOGO, d’éclairer l’opinion nationale sur les faits qui sont à l’origine de ce qu’il a qualifié de campagne de dénigrement et de diffamation contre la personne du chef de la brigade commerciale du bureau des douanes de Ouaga-route, Ali GUISSOU.

                                                                

«La vérité est que l’agent des douanes a refusé de se laisser corrompre et a aussi refusé que des marchandises de fraude sortent sans que les formalités ne soient normalement accomplies». C’est en substance, ce qu’a confié le secrétaire général du SYNATRAD, Mathias KADIOGO. A l’entendre, devant ce refus de corruption, une campagne a été  orchestrée par des individus, apparemment fidèles au mis en cause ou ayant un lien avec les chargements saisis. Cette campagne  se mène sur les réseaux sociaux et sur certaines radios lors des émissions interactives dans le but de salir l’image du chef de la brigade commerciale, de porter atteinte à son honneur et à son intégrité. Pour M. KADIOGO, cette campagne de dénigrement est menée à dessein. «Il n’y a pas longtemps, le sieur Salif NIKIEMA dans ses démarches de demande de pardon a laissé entendre que si on acceptait son pardon, que d’être sûr que dans les prochains jours, on entendra plus quelqu’un parler du chef de la brigade commerciale. Voyez-vous, c’est un peu comme du chantage», a-t-il fait remarquer. Tout compte fait, il a indiqué qu’un procès-verbal a été dressé contre le présumé fraudeur et ses éventuels complices et que la justice est saisie sur la question.

 

Dans sa déclaration liminaire livrée aux hommes de médias, Mathias KADIOGO a fait savoir que le 31 mars 2018, un importateur, du nom de Salif NIKIEMA, a été pris en flagrant délit de fraude portant sur une importation de sucre en poudre, alors qu’il aurait déclaré transporter des colis de marchandises diverses. Selon le secrétaire général du SYNATRAD, l’intéressé qui bénéficie d’une facilité d’enlèvement de ses marchandises du fait de leur provenance des marchés locaux de la sous-région, en l’occurrence Lomé, aurait donc tenté d’abuser de la confiance que lui accordent les responsables du bureau des douanes de Ouaga-route. Lors de l’identification des colis, a expliqué M. KADIOGO, le chef de la brigade commerciale et ses agents ont constaté que les chargements de quatre camions sur les six ne sont pas conformes à ceux repris sur les documents présentés. «Sur les documents étaient clairement inscrits 1015 colis de marchandises diverses pour chacun des quatre véhicules alors que les chargements étaient constitués de sacs de sucre en poudre… Après le déchargement, les agents ont reconnu des chargements uniquement de 3 361 sacs de 50 kilogrammes de sucre en poudre d’origine française, soit environ 168 tonnes d’une valeur estimée à plus de quarante-deux millions de francs CFA et l’intéressé ne dispose pas de l’autorisation spéciale d’importation du sucre. L’absence de ce document dont la production est absolument obligatoire rend la marchandise prohibée», a-t-il confié aux journalistes avant de préciser qu’après examen des documents, le sieur Salif NIKIEMA s’est éclipsé. Et contre toute attente, Selon Mathias KADIOGO, le chef de la brigade commerciale aurait reçu sur son téléphone quatre messages de transferts d’argents dont le montant total s’élève à 3 millions de F CFA. Les expéditeurs joints au téléphone par ce dernier lui auraient affirmé que c’était de la part de Salif NIKIEMA qu’ils ont fait les transferts d’argent. Joint à son tour, M. NIKIEMA aurait reconnu être l’auteur de ces transferts avant d’ajouter qu’il souhaitait à travers le geste obtenir l’aide du chef de la brigade commerciale sur le dossier. Le chef de la brigade commerciale aurait refusé et sommé le sieur Salif NIKIEMA de retirer l’argent de son compte. 

Répondant aux journalistes sur les éventuelles sanctions prévues en matière d’infraction douanière relative au délit d’importation, Mathias KADIOGO, a indiqué que dans le présent cas, l’infraction est punie par la confiscation du sucre, objet de fraude, la confiscation des quatre véhicules de transport et d’une amende pouvant s’élever à 100 millions de F CFA et d’un emprisonnement de 3 mois. 

Le SYNATRAD, par la voix de son secrétaire général, a lancé un appel aux autorités de la Direction générale des douanes à prendre toutes les dispositions pour assurer une bonne gestion de cette affaire de fraude, de corruption et d’atteinte à l’honneur du chef de la brigade commerciale. Par ailleurs, il interpelle les autorités douanières à s’abstenir d’accorder des facilités au sieur Salif NIKIEMA, et invite les importateurs à se conformer à la réglementation douanière en vue d’éviter les éventuels désagréments.