A l’occasion de la Semaine nationale de l’internet qui se tient sur le thème «TIC et sécurité», l’Ecole nationale des régies financières (ENAREF) du Burkina Faso, école d’honneur de cette 13ème édition, a organisé une conférence publique sur la cybercriminalité, ce jeudi 9 novembre 2017, à Ouagadougou. L’objectif était de sensibiliser les étudiants sur la sécurité des systèmes d’information et des données à caractère personnel. L’ouverture de ladite conférence a connu la participation du ministre en charge de l’Economie numérique, Hadja OUATTARA/SANON et le Directeur général de l’ENAREF, Nebila Hamado YARO.

A l’entame de cette conférence, le Directeur général de l’ENAREF s’est réjoui du choix du thème. Pour lui, la sécurité revêt un double sens, notamment la sécurité des personnes, mais également des données. «L’ENAREF, depuis quelques années forme ses élèves aux logiciels-outils. Les défis qui reviennent assez souvent sont liés à la sécurité des données», a-t-il indiqué.

Pour le ministre de l’Economie numérique, Hadja OUATTARA/SANON, la sécurité est une quête permanente. C’est pourquoi, dit-elle, il est important d’outiller les élèves de l’ENAREF qui travaillent sur les finances et les plus grandes applications-métiers.«Chaque année, l’ENAREF met à la disposition de l’administration, je dirais, les plus grands commis. A la faveur de cette SNI, il était indiqué de venir leur parler de cybersécurité, de la sensibilisation en matière de sécurité dans le cadre de leurs responsabilités futures dans notre administration» a-t-elle souligné. Le ministre a notamment rassuré de la disponibilité de son département à mettre en œuvre les recommandations qui viendraient à sortir.

Le directeur de la lutte contre la cybercriminalitéde la Direction générale de transmission de l’informatique du ministère de la Sécurité, le commissaire de police, Bantida Samire YONI, panéliste du jour, a définit la cybercriminalité comme étant l’ensemble des infractions pénales susceptibles de se commettre sur ou au moyen d’un outil informatique. A l’entendre, les formes de cybercriminalité les plus développées au Burkina Faso sont, entre autres, la cyber escroquerie, l’usurpation d’identité qui touche surtout les autorités, le chantage à la webcam et le phishing. Cette cybercriminalité n’est pas sans conséquence pour les usagers des TIC, selon le conférencier. «Au Burkina Faso, entre novembre 2014 et mars 2015, les pertes ont été évaluées à plus de 800 millions de F CFA pour les trois  opérateurs de téléphonies mobiles. De même, les sociétés pétrolières ont été victimes de vols de données sur les cartes électroniques. Les pertes sont estimées à des millions», a confié Bantida Samire YONI, avant d’insister sur les bonnes pratiques en matière d’utilisation de l’internet et des réseaux sociaux. «Les bonnes pratiques, c’est de faire attention à tout ce qu’on donne comme information. Eviter tant qu’on peut les réseaux sociaux. Toujours avoir un bon comportement quand on part sur la toile; savoir être méfiant», a conseillé le directeur de lutte contre la cybercriminalité. Lorsqu’on est victime d’un cas de cyber escroquerie, indique-t-il, la conduite à tenir est de s’adresser à un service de sécurité public, que ce soit la police ou la gendarmerie, pour formuler votre plainte. Car la plainte est la base légale qui permet aux forces de sécurité d’agir.