La Direction générale du contrôle des marchés publics et des engagements financiers (DGCMEF), en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a organisé un atelier de validation du cahier de charges relatif à la dématérialisation des procédures de passation des marchés publics, le mercredi 30 août 2017, à Ouagadougou.

                                                  

Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID) s’est engagé dans une dynamique de dématérialisation des procédures de passation des marchés publics. Cette dématérialisation vise à garantir l’accélération de la passation des marchés publics au Burkina Faso d’une part, mais d’autre part, à introduire une transparence. Un comité composé d’acteurs de la chaîne des marchés publics a procédé à l’examen du cahier de charges élaboré par le consultant informatique, Drissa ZONGO, ce mercredi 30 août 2017, à Ouagadougou. Les travaux du comité de validation ont débuté par une présentation générale du cahier des charges par le consultant informatique. A entendre Drissa ZONGO, la dématérialisation de la procédure de passation des marchés publics, dans le contexte du Burkina Faso, permettra de faire en sorte que la passation des marchés publics se fasse sans le support papier. Celle-ci se fera en ligne. La plateforme permettra aux opérateurs économiques de s’enregistrer, de voir les appels d’offres qui sont publiés, de les consulter, d’acheter les dossiers d’appels à concurrence et de postuler aux marchés. En plus, les utilisateurs-métiers qui sont les responsables des marchés pourront poster les avis et répondre aux sollicitations des opérateurs économiques à travers un forum qui sera mis en place. Pour ce faire, cette dématérialisation  prendra en compte plusieurs modules dont la définition des besoins, l’élaboration des dossiers d’appel à concurrence, l’enregistrement des entrepreneurs, le portail web, la publication des offres, la soumission électronique aux marchés, l’évaluation des offres, l’approbation des marchés, la gestion des contrats, etc. De l’avis du consultant informatique, la plateforme de dématérialisation présente comme principaux avantages, le renforcement de la transparence, la réduction des litiges, des coûts et des délais dans la passation des marchés publics. «L’augmentation de la transparence s’explique par le fait que le traitement et l’envoi électronique des dossiers permet une traçabilité à 100%... De plus, le fait que des questions de clarification des dossiers d’appel d’offres doivent être formulées en ligne visibles par  tous les concurrents qui veulent participer au processus évite une collusion potentielle entre le responsable du marché au niveau de l’administration et des entreprises. Toute la logique de la dématérialisation tend à réduire le contact personnel entre le responsable du marché et les entreprises», a indiqué M. ZONGO. Au terme de la présentation des cahiers de charge, les participants ont exprimé des préoccupations que le consultant a promis de prendre en compte. Il s’agit des préoccupations relatives, entre autres, à l’harmonisation des termes de la plateforme avec la règlementation juridique du Burkina Faso, la prise en compte du volet communication et d’une fenêtre de publicité, la prise en compte d’un portail sur les procédures exceptionnelles telles que les ententes directes, ainsi que la fluidité de la connexion internet qui est habituellement lente. Sur cette dernière préoccupation, M. ZONGO a indiqué que le débit de la connexion reste à revoir. Toutefois il a soutenu que même s’il y a des soucis avec la connexion, cela ne doit pas empêcher  le Burkina Faso d’avancer dans la technologie. «Le débit de l’internet, quoiqu’on dise, il y a de nouvelles technologies qui viennent. Mais dans les critères, on fait en sorte que l’application à développer soit une application légère qui puisse être utilisée dans notre contexte», a-t-il rassuré. Pour faciliter l’opérationnalisation de la plateforme du côté des opérateurs économiques, a proposé Drissa ZONGO, il va falloir envisager faire une grande communication autour de la plateforme, mais surtout les former à l’utilisation de la plateforme. Et pour le consultant informatique, la chambre de commerce est un acteur clé pour un tel projet.

Selon le conseiller technique du MINEFID, Marie Désiré Delphine SAMADOULOUGOU, le projet de dématérialisation de passation des marchés publics est rendu possible grâce à l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). En effet, dans le cadre du projet, le PNUD, sur requête du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, a apporté un appui au gouvernement burkinabè en recrutant et en mettant à la disposition du pays un consultant qui a effectué du 18 juillet au 5 août 2017, une étude sur la réalisation du projet. Au cours de cette étude, a fait savoir Mme SAMADOULOUGOU, le consultant a rencontré et échangé avec les acteurs des marchés publics au niveau de l’administration centrale, déconcentrée et décentralisée, ainsi qu’avec le secteur privé et d’autres structures publiques. «Les conclusions de son étude font ressortir qu’il est possible de lancer le processus de dématérialisation. C’est ainsi que Monsieur Drissa ZONGO, consultant informatique recruté par le PNUD a été mandaté pour l’élaboration du cahier des charges en vue de la mise en place d’un système dématérialisé des marchés avec l’assistance du consultant qui a fait l’étude», a-t-elle confié avant de remercier le PNUD pour sa disponibilité et son engagement à accompagner le Burkina Faso.

Le représentant du PNUD, Dieudonné B. KINI, a salué l’initiative du gouvernement burkinabè. A entendre le représentant du PNUD le consultant, qui a mené l’étude, a fait un travail de base qui a présenté 3 scénarii et le PNUD a convenu de retenir un. Ce dernier consistait à aller vers l’élaboration d’une plateforme ou d’un support électronique de passation des marchés. Le représentant du PNUD a saisi l’occasion pour féliciter M. Kanfido ONADJA, suppléant du Directeur général du contrôle des marchés publics et des engagements financiers, qui a apporté un appui considérable au consultant en facilitant ses différentes rencontres avec l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus de passation des marchés. Après la présentation et les amendements apportés au cahier de charges, la prochaine phase consistera à lancer l’appel à concurrence pour recruter un cabinet ou une société qui va s’occuper du développement de la plateforme. Le lancement de ladite plateforme est attendu d’ici à la fin de l’année 2017, selon le consultant informatique.