Le ministère de l'Economie, des Finances et du Développement a entrepris une opération de bancarisation intégrale des salaires des agents publics de l'Etat. Selon les termes d'un communiqué rendu  publique le 17 juillet, la bancarisation intégrale des salaires entrera en vigueur à compter du 1er octobre. Pour connaître les motivations d'une telle décision, nous avons rencontré pour vous, le Directeur général du Budget du Burkina Faso, Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, ce jeudi 10 août 2017 à Ouagadougou. L’objectif de cette mesure, selon le Directeur général, est de sécuriser davantage les salaires pour le bonheur des fonctionnaires.

                                                          

Dans un communiqué diffusé récemment dans les médias burkinabè et les réseaux sociaux, le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement a indiqué que les salaires des agents de la Fonction publique ne seront plus payés en numéraires. Par ailleurs, il a invité l’ensemble des agents publics de l'Etat à communiquer aux services de la solde ou aux  directions régionales du budget, leurs références bancaires pour la domiciliation de leur salaire. 

A entendre Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, il s’agit d’une réforme que le ministère (en charge de l’Economie et des Finances, Ndlr) a entreprise avec pour objectif zéro paiement en numéraire. Cette mesure relative à la bancarisation intégrale des salaires, a expliqué M. SOULAMA, entre dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique de réduction des transactions effectuées en numéraires. Elle vise à sécuriser davantage les transactions financières de l’Etat dans un contexte où l’insécurité et le grand banditisme ont pions sur rue. «Il s’agit d’amener tous les fonctionnaires qui sont payés sur le SIGASPE à domicilier leurs salaires dans les banques, les réseaux de caisses populaires, les systèmes  financiers décentralisés ou les réseau postaux. A partir de ce moment, on ne va plus payer leurs salaires en numéraires, mais plutôt ce serait par voie de virement. Et en le faisant, nous pensons que nous allons sécuriser davantage le paiement des salaires pour le bonheur des fonctionnaires», a indiqué M. SOULAMA. Dans ce processus, le choix de la structure est libre, l’Etat n’y intervient pas. «Le fonctionnaire va dans la banque qu’il veut, en fonction des services qu’on lui offre, et en fonction des paramètres qu’il va étudier. Le plus important, c’est de donner un numéro de compte», dit-il. 

Pour le Directeur général du Budget, l’Etat veut mettre en œuvre l’opération maintenant, parce qu’avant la couverture du territoire national en banques, réseaux de caisses populaires, systèmes financiers décentralisés et réseaux postaux n’était pas assez élevée. Mais, de nos jours, le contexte s’y prête. «On a une bonne couverture du territoire en ces structures. «Nous avons en gros 165 222 fonctionnaires qui sont payés sur le SIGASPE et il n’y a que 3 400 qui se font payer toujours en numéraire», a-t-il indiqué.  

Selon Vieux Abdoul Rachid SOULAMA, l’opération lancée par l’Etat ne vise pas à faire de la publicité pour les établissements bancaires en apportant un profit à travers l’affiliation de tous les fonctionnaires en banque. Pour lui, il s’agit plutôt de la sécurité des modes de paiement. «Quel intérêt l’Etat aura à faire de la publicité pour 3 000 personnes sur un ensemble de 165 000? Dans le système, l’Etat ne parle d’aucune banque ni de structures particulières, mais il parle de l’ensemble des structures. Il n’y a pas de relations d’intérêt entre l’Etat et les banques. Ce que l’Etat vise c’est la sécurité des modes de paiement», a confié Vieux Abdoul Rachid SOULAMA qui soutient, par ailleurs, que c’est parce que l’Etat s’est engagé dans la modernisation qu’on demande au peu de fonctionnaires qui ne sont pas encore domiciliés de le faire.

La date butoir, selon le communiqué du ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, a-t-il fait savoir, c’est le 1er octobre 2017.  A l’entendre des efforts de sensibilisation sont en cours en vue de réussir l’opération, car l’intention de l’Etat n’est pas de suspendre les salaires. «Nous sommes en train de travailler à réunir le maximum de chance pour que l’opération puisse aboutir. L’objectif de l’Etat, ce n’est pas de suspendre le salaire d’un fonctionnaire, mais plutôt de travailler à ce que le fonctionnaire ait son salaire qui est la contrepartie du travail qu’il a effectué durant le mois pour être dans de bonnes conditions afin de produire le mois suivant».