Fondée en 2015, l’Académie de Police du Burkina Faso vient de mettre au service de la nation sa première promotion  constituée de 275 commissaires et officiers de police. La sortie de promotion, qui a enregistré la présence du chef de l’Etat, Son Excellence Roch Marc Christian KABORE,  a été présidée par le ministre de la Sécurité, Simon COMPAORE, le vendredi 7 juillet 2017 à Kamboinsin. Le ministre en charge de l’Economie et des Finances, Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI a été désignée marraine de cette première promotion baptisée ‘’Promotion Renaissance’’.

Après deux ans de formations physique, psychologique et intellectuelle, l’Académie de Police du Burkina Faso vient de mettre à la disposition du pays sa première promotion de commissaires et officiers de police. Ils sont au total 275 cadres et cadres moyens aptes à assurer la sécurité des biens et des personnes, dont 45 commissaires et 230 officiers de police. La sortie officielle de cette première promotion de l’Académie de Police a eu lieu le vendredi 7 juillet 2017, à Kamboinsin sous le haut patronage du président du Faso, Son Excellence Roch Marc Christian KABORE. ‘’Promotion Renaissance’’, c’est le nom de baptême que le président du Faso a donné à ladite promotion. Pour le président du Faso, ce nom traduit tout l’espoir que cette promotion compte apporter à la police, aussi bien du point de vue de la qualité du travail que sur la stature et l’éthique de la police. A cet effet, il a invité la promotion à mettre en œuvre ce qu’elle aura appris sur le plan professionnel et sur le plan éthique. «On leur demande simplement de travailler, comme leur devise le dit, avec honneur, dignité. Servir toujours le peuple et la nation burkinabè», a confié Roch Marc Christian KABORE.

Rebâtir la confiance, la cohésion dans la police

Selon le ministre d’Etat, ministre de la Sécurité, Simon COMPAORE, toute sortie de promotion dans un corps, tel le nouveau-né dans une famille, exprime un espoir de continuité, de pérennité, mais également une espérance en un avenir meilleur. Pour le ministre de la Sécurité, la fin de formation des  275 cadres de polices constitue pour son département un apport conséquent qui contribuera à faire face de manière plus efficace aux importants défis de sécurité auxquels le Burkina Faso est confronté. Elle permettra, en l’occurrence,  a noté le ministre, de renforcer le dispositif sécuritaire mis en place par le ministère de la Sécurité afin de garantir à chaque Burkinabè la sécurité et la quiétude indispensables à la poursuite de ses activités. «Les différents événements que nous avons vécus ces dernières années nous rappellent à quel point la sureté et la sécurité sont parmi nos droits les plus précieux. Les défendre à tous prix constitue pour le ministère de la Sécurité une mission à laquelle elle ne doit pas faillir», a indiqué Simon COMPAORE qui estime qu’il serait vain d’attendre une quelconque efficacité d’une institution qui manque de leaders. Par ailleurs, il a exhorté les responsables de l’académie à continuer dans la dynamique de faire d’elle un véritable pôle d’excellence dans le système de la formation policière dans la sous-région. Aux désormais commissaires et officiers de police, le ministre de la Sécurité a adressé un message particulier. «Vous intégrez vos différents corps à un moment difficile marqué par la remise en cause de la hiérarchie et des pratiques révolues. Cette mode de gestion a généré de l’indiscipline dans les rangs et exacerbé les tensions. Il est impérieux que vous en tiriez toutes les leçons afin d’être exemplaires et contribuer ainsi  à rebâtir la confiance et la cohésion dans la police nationale. Pour ce faire, votre comportement doit être fondé sur l’intégrité, la défense de l’intérêt général et l’écoute de vos hommes», a confié Simon COMPAORE.

Selon le délégué général de la promotion, Sylvain Moïse TIENDREBEOGO, commissaire de police, dans un contexte actuel marqué par une crise de valeurs ayant favorisé des actes d’incivisme grandissant, de grand banditisme et de terrorisme, l’agent de sécurité, placé au cœur de cette problématique se trouve plus que jamais interpeller. Ainsi, il doit jusqu’au sacrifice suprême avancer et remporter des victoires contre ces fléaux, notamment l’insécurité dans toutes ses formes. «Conscients de ces défis, la promotion sortante puis vous confirmer qu’elle est porteuse de cet engagement, cet encouragement, cet espoir fort qu’au bout de la chaîne pénale, nous continuerons à garantir coûte que coûte le respect de nos valeurs républicaines et à servir avec dévouement, loyauté et professionnalisme la nation», a déclaré M. TIENDREBEOGO. Par ailleurs, il a exprimé la gratitude des élèves au gouvernement qui a facilité l’ouverture effective de l’Académie de Police et a égrené un chapelet de doléances. Il s’agit de la construction d’un amphithéâtre, d’un réfectoire, d’une salle de sport,  d’un plateau omnisport, d’un site de simulation au sein de l’académie. En outre, les élèves ont souhaité que la fin de formation à l’académie de police soit désormais présidée par le président du Faso. «Nous souhaitons que l’Académie de police du Burkina Faso puisse être à l’image de celle du Caire (Egypte)», a plaidé le délégué général.

La marraine invite ses filleuls à promouvoir le dialogue

La ‘’promotion Renaissance’’ a choisi de s’identifier à une personnalité qui, pour elle, incarne des valeurs. Au cours de la cérémonie, le président du Faso a dévoilé le nom de cette personnalité. L’honneur est revenu au ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI qui a été désignée marraine de la première promotion de l’Académie de Police. Pour la marraine, c’est un honneur et une fierté, mais aussi une grande responsabilité qu’elle porte sur ses épaules. A l’issue de la cérémonie, Mme COULIBALY/SORI s’est entretenue avec ses filleuls. La marraine les a invités au respect des valeurs de discipline, d’intégrité, du travail bien fait. «C’est la première cuvée de l’Académie de Police. Il faudrait enlever la corruption de votre rang. En venant, j’ai lu le rapport du REN/LAC. J’ai vu que malheureusement la police aussi fait partie des corps qui sont gangrenés par la corruption. Je n’aimerais pas qu’un jour vous puissiez vous retrouvez dans cette situation et qu’on me dise voilà ce que votre filleul est en train de faire. J’aimerais être fière d’être votre marraine», a-t-elle conseillé. L’incivisme dans notre pays, a souligné le ministre en charge de l’Economie et des Finances, a atteint un niveau jamais égalé. Votre rôle est aussi d’instituer l’ordre dans votre environnement afin que vous-mêmes ne soyez pas impliquer dans des questions d’incivisme.«C’est normal que vous revendiquiez de bonnes conditions de travail; mais c’est aussi normal que vous le fassiez dans le respect de l’autorité, le respect des règles d’un pays qui vit dans un Etat de droit. Il faut promouvoir le dialogue», s’est-elle adressée à ses filleuls. La rencontre avec la marraine s’est achevée par la remise symbolique des diplômes aux majors des officiers  issus des concours directs et professionnels et à ceux des commissaires de police issus des concours directs et professionnels également.

Fondée en 2015, l’Académie de Police du Burkina Faso est actuellement dirigée par le commissaire, Hamado GUIGMA. Selon le Directeur général de l’académie, la promotion sortie concentre en elle ce que l’Académie de Police a voulu de meilleur dans la formation des futurs responsables de la Police nationale.