Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), en collaboration avec la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) du Burkina Faso, organise du 05 au 08 juin 2017, à Ouagadougou, une formation sur la pré-évaluation du dispositif  national de LBC/FT (lutte contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme) au profit des professionnels des secteurs publics et privés du Burkina Faso. Placée sous le patronage du ministre d’Etat, ministre de la Sécurité, Simon COMPAORE et la coprésidence du ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI et du ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Réné BAGORO, l’ouverture de l’atelier de formation a eu lieu, ce lundi 5 juin.

 

Un atelier de formation sur la pré-évaluation du dispositif national de LBC/FT (lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme) s’est ouvert, ce lundi 5 juin 2017 à l’Hôtel Splendid,  à Ouagadougou, sous le patronage du ministre de la Sécurité, Simon COMPAORE, représenté par son directeur de cabinet, Clément OUANGO, et la coprésidence du ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI et du ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Réné BAGORO, représenté par son chargé de mission, Madi Prosper TAPSOBA. Cet atelier de formation, qui se tient du 5 au 8 juin, vise à renforcer les capacités des professionnels des secteurs publics et privés dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme au Burkina Faso.  Organisée par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), en collaboration avec la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) du Burkina Faso  la formation sur la pré-évaluation mutuelle du dispositif de LBC/FT porte sur plusieurs modules, dont le contenu du processus, sa pertinence et les mécanismes de mise en œuvre; les conditions de son succès; l’analyse des risques et leur appropriation par les acteurs nationaux; la compréhension et l’appropriation des concepts de conformité technique et d’efficacité ainsi que les résultats attendus; et le processus de la planification et de la conduite des visites sur le terrain.

 

A l’ouverture des travaux la représentante nationale du GIABA, Marie Béatrice TASSIMBEDO, par ailleurs présidente du CENTIF, a situé le contexte de la formation. A entendre la représentante nationale du GIABA, la méthodologie de calcul des données sur l’évaluation mutuelle des dispositifs de LBC/FT des Etats est plus difficile à cerner  parce qu’elle concerne une matière relativement nouvelle, complexe, sensible et évoluant avec les nouvelles technologies. C’est à ce titre que le GIABA a jugé opportun d’organiser l’atelier au profit des professionnels des secteurs publics et privés du Burkina Faso afin de les préparer au 2ème cycle des évaluations mutuelles du dispositif LBC/FT. «Le présent atelier devra permettre de comprendre davantage la matière afin de mieux jouer notre partition dans ce combat général engagé contre la criminalité financière», a-t-elle signifié. Après le premier cycle des évaluations mutuelles des pays en 2009, le Burkina Faso va être confronté au second cycle qui a débuté en novembre 2016 avec la République du Ghana.

Pour le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI, le deuxième cycle s’annonce difficile mais pas insurmontable pour les Etats, particulièrement pour le Burkina Faso du fait des enjeux et des nombreuses exigences qui s’y rattachent.  Car, réussir la mission de l’évaluation mutuelle à travers des acteurs suffisamment formés et rompus aux règles et principes de base en la matière demeure un défi à relever. Un autre défi est celui de réussir l’examen de passage du deuxième cycle des évaluations mutuelles avec un score honorable pour le pays.   «Certes, le Burkina Faso a fait des efforts à travers l’internalisation de la nouvelle directive de l’UEMOA par l’adoption de la loi n°06-2016/AN  du 03 mai 2016 relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, laquelle loi corrige plusieurs lacunes décelées lors de la première évaluation de notre dispositif de lutte contre la criminalité financière, mais nous sommes conscients que beaucoup reste à faire», a relevé le ministre qui, à l’ouverture des travaux de formation, a ajouté que les outils d’évaluation sont évolutifs et autant on améliore les outils autant ceux-là qui ne veulent pas de transparence développent des stratégies de contournement. Par ailleurs, elle a rassuré les participants et la communauté internationale représentée par le GIABA de l’engagement du gouvernement burkinabè, principalement les trois départements ministériels impliqués, à fournir les moyens financiers, techniques, logistiques et humains adéquates afin de rendre le dispositif de LBC/FT Burkina largement conforme. Au-delà du dispositif juridique et institutionnel de la LBC/FT, a expliqué Mme COULIBALY/SORI, la volonté politique d’y parvenir est matérialisée à travers le cadre global d’orientation de l’action gouvernementale qui est le Plan national de développement économique et social (PNDES).

Selon le représentant du Directeur général du GIABA, Konan Djaha BENOIT, le plan d’action élaboré par le Burkina Faso suite à son évaluation mutuelle en 2009, qui visait à mettre en œuvre les recommandations formulées par les experts évaluateurs,  lui a permis d’enregistrer des avancées significatives, notamment l’admission de la CENTIF du Burkina en 2013 au réseau mondial des Cellules de renseignement financier (CRF). De même, les efforts du pays ont aussi permis, en 2016, l’internationalisation de la Directive n°02/2015/CM/UEMOA relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans les Etats membres de l’UEMOA (Union économique monétaire ouest-africaine). Pour ce faire, il a, au nom du Directeur Général, félicité les autorités burkinabè et les a exhortés à poursuivre et renforcer leurs efforts pour apporter l’appui nécessaire aux structures compétentes nationales en charge de la LBC/FT. «Il ressort que le processus de pré-évaluation est un processus technique complexe qui nécessite des moyens techniques et financiers importants et surtout une forte mobilisation et implication effective de l’expertise nationale», a indiqué Konan Djaha BENOIT qui explique que le champ d’évaluation mutuelle s’articule autour de deux volets interdépendants que sont la conformité technique et l’efficacité. A l’entendre, le volet conformité technique cherche à savoir si les lois ou réglementations requises sont en vigueur et appliquées, si le cadre institutionnel de la LBC/FT est en place; tandis que le volet efficacité vise le fonctionnement des systèmes de LBC/FT et l’atteinte des résultats prédéfinis. De l’avis du représentant du DG de GIABA,   la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que des activités connexes se révèlent être un défi majeur pour l’ensemble des Etats et des gouvernements de par le monde, particulièrement de nos Etats fragiles, au regard de l’actualité sous-régionale.