Un référentiel pour une approche de développement avisée

Le MEF dispose à présent de sa politique sectorielle. La validation dudit document qui se veut un cadre d’orientation de l’action du Gouvernement dans le secteur Economie et Finances pour les dix prochaines années, est intervenue le 06 décembre 2010 à Ouagadougou à l’issue d’un atelier national.

L’atelier a regroupé outre les premières autorités du département et leurs proches collaborateurs, les représentants des Partenaires Techniques et Financiers, les représentants d’institutions nationales et sous-régionales ainsi que les représentants des ministères sectoriels, des collectivités territoriales, du secteur privé et de la société civile. Le document de politique sectorielle a été soumis à leur appréciation afin de recueillir leurs contributions en vue de le finaliser et avant de procéder à sa validation.

La formulation d’une politique sectorielle constitue une obligation pour tout département ministériel et s’impose plus que jamais avec l’évolution vers le budget programme. C’est pour répondre à cette exigence que la présente politique sectorielle du Ministère de l’économie et des finances a été élaborée. Ainsi, la quête permanente de performance de l’action publique dans le contexte de fusion des départements des finances et du budget et celui de l’économie et du développement a été au cœur du pilotage de la présente politique sectorielle.

De l’enquête de satisfaction à la formulation de la politique sectorielle

Dans une démarche pragmatique et participative, l’élaboration de la politique sectorielle du MEF assorti d’un plan stratégique institutionnel de mise en œuvre, a été marquée par plusieurs étapes dont la conduite d’un diagnostic stratégique sectoriel après le lancement du processus par les premiers responsables du département. Cette étape est partie de la délimitation du secteur en vue de définir son contenu, d’identifier et de catégoriser ses acteurs.

Après analyse de l’environnement dudit secteur qui peut être circonscrit aux domaines d’activités stratégiques tels que définis dans le décret fixant les attributions des membres du Gouvernement, le document fait ressortir les attentes des différents acteurs mises à nu à l’issue d’une enquête de satisfaction conduite en août 2009.

Selon les conclusions de cette enquête, la proportion des usagers et partenaires se disant satisfaits ou très satisfaits atteint 33% contre 67% qui se disent pas ou peu satisfaits des prestations et services du ministère. Les causes de cette situation de non satisfaction sont relatives à la mise à disposition des ressources financières, la reddition des comptes par rapport à l’utilisation des ressources publiques, l’appui à la société civile, la gestion de la fiscalité individuelle, la gestion du système des marchés publics, l’appui au renforcement des capacités et le règlement de la dette. Il a été également relevé que la communication entre le ministère et ses partenaires doit être améliorée.

Au niveau interne, le personnel est globalement peu satisfait avec des variations selon le genre et la catégorie professionnelle, et la localisation au niveau central ou au niveau déconcentré. Les acteurs du secteur privé tout comme les particuliers n’ont pas une bonne image du ministère qu’ils assimilent souvent aux impôts ou à la douane dont ils ne retiennent que le caractère répressif.

La formulation des choix stratégiques découle du diagnostic établi du secteur de l’économie et des finances ayant mis en évidence la nature et l’importance des défis à relever. Ces défis portent sur : (i) une croissance robuste dans le respect des principes du développement durable ; (ii) une gouvernance économique et financière, moderne et performante ; (iii) une gestion efficace du partenariat et des relations extérieures ; (iv) la gestion du patrimoine, du contentieux et du portefeuille de l’Etat, et le (v) le renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles. Bien entendu, cela est tributaire de la capacité du ministère à conduire les réformes à même d’insuffler le changement attendu.

C’est ainsi que dans la présente politique sectorielle, le MEF entend organiser les choix du Gouvernement en matière d’économie, de finances et de planification stratégique autour de programmes qui seront opérationnalisés à travers un plan d’action triennal et le plan stratégique institutionnel. En vue de réaliser efficacement cette mission, le ministère se fonde sur une vision vers laquelle doivent tendre tous ses efforts, à savoir : « en 2020, le Burkina dispose d’un secteur de l’économie et des finances dynamique et efficace, de plus en plus compétitif et performant, bien intégré dans la sous région et ouvert au monde » .

Cela traduit les ambitions de développement que le pays s’est fixé pour le long terme et que le Gouvernement a présentées sous le concept de « pays émergent » .

Le respect d’un certain nombre de principes directeurs importants est un préalable à la conduite efficace de la politique sectorielle en collaboration avec les autres acteurs du secteur.